Survivre et vivre. Critique de la science, naissance de l’écologie
lundi 27 janvier 2014

Dans l’après 68, Survivre et Vivre, le mouvement de scientifiques critiques rassemblés autour du grand mathématicien Alexandre Grothendieck, dénonce la militarisation de la recherche et l’orientation mortifère du développement technoscientifique. Rapidement devenus les fers de lance d’une fronde antiscientiste, ces « objecteurs de recherche » sont des acteurs de premier plan dans l’émergence du mouvement écologique français. Aux côtés de Pierre Fournier, ils participent à l’essor du mouvement antinucléaire. Lié aux objecteurs de conscience, à des mouvements hygiénistes et naturistes, à des agrobiologistes et des naturalistes, Survivre et Vivre prône la subversion culturelle et essaime en une vingtaine de groupes locaux. Proche de Robert Jaulin, Serge Moscovici et Bernard Charbonneau, il s’affirme comme le « laboratoire idéologique de la révolution écologique ». Ce livre présente les principaux textes de la revue Survivre... et Vivre. Éditée par le mouvement de 1970 à 1975, elle fut la première revue d’écologie politique influente. Des contributions d’anciens membres de Survivre et Vivre mettent en perspective cette expérience collective et ses cheminements d’hier à aujourd’hui. Textes à l’appui, ce livre offre aussi un panorama plus large de la critique des sciences des années 1970. A l’heure du capitalisme vert, il invite ainsi à renouer avec les racines critiques de l’écologie politique et à s’abreuver à sa joyeuse radicalité.

Céline Pessis qui a coordonné ce livre et en a écrit l’introduction mène des recherches en histoire des sciences et des techniques.

L’échappée, collection Frankenstein 480 pages 17 x 24 cm isbn 978-29158307-1-2. 25 euros En librairie le 14 février 2014