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Collection de diapositives couleur de France nature environnement réalisées par Jean-Pierre Raffin, 1978-1996

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Don aux Archives nationales en cours de réalisation

répertoire détaillé (pdf, 193 Ko)

Référence
2021-0232
Niveau de description
Groupe de cotes
Intitulé
Collection de diapositives couleur de France Nature environnement réalisées par Jean-Pierre Raffin
Dates extrêmes
1978-1996
Noms des principaux producteurs
Jean-Pierre Raffin
Importance matérielle
133 diapositives couleur
Langue des documents
Français
Institution responsable de l’accès intellectuel
Archives nationales (don en cours de réalisation)
Conditions d’accès
Librement communicable sous réserve des restrictions imposées par l’état matériel des documents et des dispositions de l’art. L.213-2 du Code du patrimoine.
Conditions d’utilisation
Conformément aux règles de réutilisation des données publiques régies par la loi n°78-753 du 17 juillet 1978, dite loi CADA.
Modalités d’entrée
Don
Historique de la conservation
Jean-Pierre a réalisé et conservé chez lui une collection de diapositives couleur conservées dans de bonnes conditions. Toutes les diapositives sont numérotées, datées et décrites
Évaluation, tris et éliminations
L’ensemble des diapositives ont été conservées
Mode de classement
Le plan de classement du fond correspond à celui réalisé par Jean-Pierre Raffin
Sources complémentaires
versement 217AS : Activités de France nature environnement, 1941-2003
versement 20210231 : Collection d’affiches FNE, 2009-2018
versement 20210198 : Conseil d’administration, assemblées générales, réseaux, publications, 1967-2021
Présentation du contenu
Ce fonds concerne des diapositives relatives à l’ours et les marées noires.
« Marée noire. Lors de l’Assemblée générale de la FFSPN (maintenant surnommée France Nature Environnement) consacrée à « la valeur économique du littoral », les associations réunies à Brest les 3 et 5 février 1978, ayant en mémoire la marée noire du Torrey Canyon (1967), avaient interrogé le représentant du Préfet maritime sur les mesures prévues en cas d’éventuelle marée noire. Il leur fut répondu qu’improbable, compte tenu de la qualité des pétroliers en circulation, tout avait été prévu pour y pallier cependant. Les faits démontreront le contraire un mois et demi après.
Alors secrétaire général de la FFSPN et enseignant-chercheur en écologie à l’Université Paris 7-Denis Diderot (co-fondateur de l’enseignement de cette discipline, en 1970, dans cette université), j’ai alors demandé, après le naufrage, aux collègues universitaires et associatifs bretons ce que pouvaient faire des biologistes parisiens pour les aider. La réponse a été d’examiner une partie du littoral des Côtes d’Armor pour relever les impacts sur la flore et la flore marine de la zone intertidale et sur la frange littorale terrestre contigüe. C’est ainsi que j’ai monté une équipe de biologistes de différentes disciplines. Les clichés illustrent essentiellement une première mission en mai 1978. Sur place nous nous sommes dits qu’il serait intéressant d’assurer un suivi pour observer comment se reconstitueraient les milieux touchés. Ce qui a été fait pour certains sites jusqu’en 2009. Mais se posait deux questions : comment évaluer sans avoir l’état des lieux avant la marée noire ? (c’est ainsi que nous avons préconisé à la suite de la marée noire de l’Amoco Cadiz, la mise en place d’observatoires du milieu littoral où serait suivie l’évolution de la diversité biologique sur le long terme. Cette proposition n’a pas été retenue par les pouvoirs publics) ; comment évaluer la part due au pétrole ou aux produits de nettoyage utilisés largement sur les milieux rocheux des hauts de plage qui par ruissellement fluaient vers les zones sableuses de ces plages ou vers les zones vaseuses ? Cela était d’autant plus vrai que nous ignorions, de plus, la nature des produits détergents utilisés, faute que les autorités responsables du nettoyage ne se soient manifestement souciés d’en faire l’inventaire et de conserver une trace de ce qui avait été utilisé, où et quand.
L’improvisation qui a présidé aux opérations de nettoyage du printemps 1978 et l’usage de détergents (dont les collègues britanniques ayant vécu la pollution du Torrey Canyon nous avait fait savoir qu’ils pouvaient avoir un impact sur la flore et la faune pire que le seul pétrole) a amené les biologistes et associatifs bretons à préconiser une anticipation des futures marées noires. Cela concernait notamment le matériel de récolte du pétrole (les seuls engins efficaces avaient été les tonnes à lisier des paysans du littoral et pelles et seaux pour un ramassage « à la chinoise » moins vulnérant pour le milieu vivant que les engins lourds de travaux publics) et l’installation de fosses dédiées réellement imperméabilisées permettant un stockage sécurisé avant traitement des déchets. Ce sera inscrit dans le plan POLMAR mais non mis en œuvre, ce qui fait qu’après le naufrage de l’Erika (12 décembre 1999) l’on constatera la même improvisation qu’après celui de l’Amoco Cadiz et le doublement d’une pollution marine par une pollution terrestre.
Protection de l’Ours brun dans les Pyrénées
Constatant la régression accélérée de l’Ours brun dans les Pyrénées, des associations de protection de la nature nationales (comme la FFSPN (Fédération française des Sociétés de Protection de la Nature) maintenant dénommée France Nature Environnement, la Société française d’Etude et de Protection des Mammifères (SFEPM) et pyrénéennes (comme le Fonds d’Intervention Ecopastoral-FIEP) se sont regroupées en Groupe Ours, en 1983, et ont été rejointes par des personnalités comme l’écrivain Jean Rolin. Mais elles agissaient déjà depuis les années 1970. Le but de ce regroupement était d’agir pour faire cesser les causes de la régression des populations relictuelles d’ours, à savoir :
 le développement de pistes forestières par l’Office National des Forêts (ONF) ayant abandonné le débardage par câbles. Or ces pistes sont perturbantes pour l’ours à l’occasion de leur création :
— bruits des explosions lors des minages, des engins de travaux publics, etc.
— tracé à proximité de zones de tanières.
Elles restaient, après exploitation des parcelles, sources de dérangement pour l’ours. Théoriquement elles devaient alors être fermées mais de nombreuses dérogations accordées pour des chasseurs ou d’autres usagers voire même des encouragements à les emprunter, conduisait à ce que les zones de nourrissage des oursons et d’alimentation des adultes perdent leur tranquillité et ne soient plus exploitées par les plantigrades. Lorsque le Directeur régional de l’ONF avait été alerté, en 1978, par le Directeur du Parc national des Pyrénées qui lui demandait de surseoir à la création de certaines pistes en zone à ours, il lui fut répondu qu’il n’en était pas question et que ces pistes étaient au contraire bénéfiques pour l’ours.
 le braconnage (même si la chasse à l’ours avait été arrêtée en 1957).
 l’hostilité de certains bergers et éleveurs dotés de troupeaux plus importants et quelquefois non gardés. Il est intéressant de lire l’ouvrage d’E. Lamazou « L’ours et les brebis. Mémoires d’un berger transhumant des Pyrénées à la Gironde » Seghers (1988) où l’auteur rapporte qu’il a fréquenté des estives en zone à ours pendant des décennies sans avoir de problème majeur avec les plantigrades. Il est vrai que l’ours, animal omnivore dont l’alimentation est pour bonne part végétale (60 à 80 %) et à base d’insectes (fourmis, larves d’insectes xylophages, etc) et de charogne, s’attaque parfois à du bétail, mais il est possible de s’en prémunir par un gardiennage sérieux (chiens de protection, enclos nocturnes, etc.).
C’est pourquoi le Groupe Ours s’est engagé dans de multiples campagnes pour attirer l’attention de l’opinion publique dont deux éléments majeurs seront l’organisation de l’exposition « D’ours en ours » au Museum national d’Histoire naturelle avec l’aide de La Maison de Valérie, inaugurée par le Président François Mitterand le 6 octobre 1988 ; la première du film « L’ours » de Jean-Jacques Annaud à Pau le 11 octobre en présence du réalisateur. Le Groupe Ours se transformera ensuite en l’Association Artus, toujours appuyée par la Maison de Valérie, et sera à l’origine du renforcement de population initié en 1996 avec le lâcher de deux ourses slovènes, Mellba et Ziva, à Melles en Haute-Garonne.
En effet constatant l’effondrement des populations relictuelles, les écologues associatifs ou professionnels avaient envisagé dès l’été 1987 un programme d’apport d’ours venus d’autres pays. C’est ainsi que dans le cadre du programme de coopération franco-soviétique : thème VIII, j’ai été envoyé, en septembre 1987, avec François Colas-Belcour de la Direction de la Protection de la Nature du Ministère de l’Environnement dans le Caucase et dans la Réserve centrale forestière de Nelidovo. Il s’agissait de se renseigner pour savoir si l’on pourrait obtenir des ours russes pour un éventuel renforcement de population pyrénéen.
Dans le Caucase nous avons rencontré Kudatkin (dont j’ai oublié le prénom qui figure dans le dosssier Ours versé aux AN en 2016), chercheur travaillant sur l’Ours dans la réserve biologique de Khosta et dans la haute vallée de Krassnaia Pol’nia.(Abkhazie alors au sein de la Georgie alors partie de l’URSS). De là nous avons ensuite gagné la réserve de Nelidovo au Nord-Ouest de Moscou. Nous y avons rencontré Valentin Pajetnov, naturaliste exceptionnel dont le sens du terrain rappelait celui de Dersou Ousala, l’un des guides de Vladimir Arseniev. Kudaktin et Pajetnov furent invités en France en 1989 et visitèrent les zones à ours des Pyrénées. Ils en tirèrent la conclusion que les ressources alimentaires disponibles devaient permettre le maintien d’une population viable mais que les perturbations diverses ( pistes forestières, chasses en battue, etc.) empêchaient les ours d’y accéder. Pajetnov étudiait l’Ours brun et notamment le comportement des oursons dont la mère avait disparue (chasse, mort naturelle, etc). Il avait constaté qu’à 5-6 mois, les oursons pouvaient se débrouiller seuls. Cette expérience me servira en 1997. Lorsque Mellba fut abattue par un chasseur en septembre, j’étais conseiller technique dans le cabinet de Mme Voynet, ministre de l’Aménagement du Territoire et de l’Environnement. Les autorités locales voulaient, à tout prix, capturer ses oursons, Bouxty et Caramelles, et les mettre dans un zoo pour les sauver. Me souvenant du résultat des études de Pajetnov, j’ai préconisé à Mme Voynet de s’opposer à la capturer car il y avait de fortes chances que les oursons survivent. C’est ce qui s’est passé et Caramelles eut une belle descendance. »
Jean-Pierre Raffin (enseignant-chercheur, co-fondateur (1970) de l’enseignement de l’écologie à l’Université Paris 7-Denis Diderot. Secrétaire général (1972-1982) puis président de la FFSPN (1982-1986).
Bibliographie
 La nature n’est plus ce qu’elle était [sous la dir. J. P. Raffin, Daniel Sibony et David Western], étude, Editions de l’Aube, 2002
 L’ABCdaire des ours, Sophie Bobbé, Jean-Pierre Raffin, Paris : Flammarion, 1997
  L’écologie : comprendre la nature : rencontre avec Jean-Pierre Raffin. Lucien Buisson, Jocelyne Pied, Pierre Guérin, réal. Jean-Pierre Raffin, ill. interview de Jean-Pierre Raffin, Cannes la Bocca : Coopérative de l’enseignement laïc, 1987
 Connaître les plantes protégées [sous la dir. de J. P. Le Duc et J. P. Raffin] Paris : Fédération française des sociétés de protection de la nature, 1986
 Les cahiers rationnalistes n° 274 :La Vanoise et les parcs nationaux français, Jean-Pierre Raffin et Roland Platel, 1970
 Les cahiers rationnalistes n° 265 :Plaidoyer pour la zoologie Jean-Pierre Raffin et Roland Platel, 1969

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