Histoire de la protection de la nature et de l’environnement
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KECK Robert (1940-2009)

René Robert Émile Keck est né le 16 septembre 1940 à Colmar (Haut-Rhin), de François Émile Keck, entrepreneur en ferblanterie et Marguerite Rubin, sans profession. Il est décédé le 7 octobre 2009 à Briançon (Hautes-Alpes). Il grandit en Alsace, dans la maison familiale située dans le quartier encore préservé de la Luss, aux confins de l’agglomération colmarienne et au confluent de l’Ill et de la Lauch.

À 17 ans, il s’engage dans l’armée française. Cantonné à Nîmes dans un régiment en partance pour le Laos, il contracte une affection pulmonaire qui le contraint à un long séjour à l’hôpital militaire héliothérapique de Briançon. Il y rencontre Louise Versini (1926-1998), infirmière, qu’il épouse en 1961 et il s’installe définitivement à Briançon.

Il réussit le concours lui permettant de devenir garde-fédéral de la fédération départementale des chasseurs. Nommé à Briançon, il s’investit fortement dans la surveillance de la chasse et la lutte contre le braconnage. Ses avis et conseils sont sollicités et pris en compte par les autorités cynégétiques.

En 1974, le Parc national des Écrins a tout juste un an d’existence légale et le personnel de terrain n’est pas encore en place. C’est dans un centre de vacances de Vars que la future équipe est réunie pour six semaines de formation à un métier dont chacun rêve sans le connaître vraiment. Robert Keck se distingue du reste du groupe. Il a 35 ans, dix ans de plus que la moyenne des jeunes recrutés. Il porte le knicker, tenue de rigueur pour tout montagnard qui se respecte à cette époque. Sa poignée de main est franche, son regard bleu et son sourire métamorphose instantanément l’expression, de la rigueur à la générosité. Il se distingue aussi par son expérience. Il est sans doute l’un des rares futurs gardes du Parc à avoir côtoyé d’aussi près les chamois… et les braconniers.

Au sein de l’établissement, il participe activement à la réflexion faisant évoluer l’organisation interne avec une conception très exigeante de la fonction de chef de secteur, véritable responsable du parc sur place, dans toutes ses dimensions. Basé à Briançon, il exerce ses fonctions de chef de secteur sur les deux versants du col du Lautaret. Sa connaissance du terrain comme son autorité naturelle font rapidement de lui une référence, un conseiller, tant au sein du Parc qu’auprès des élus et des partenaires locaux, notamment les chasseurs.

Sa passion pour le chamois, puis l’étude des populations de cet ongulé, lui permettent de contribuer à renouveler l’approche de la gestion cynégétique des populations de grands ongulés. Il est l’un des initiateurs des opérations de comptage dans les espaces naturels et les parcs nationaux en particulier. C’est en effet à Villar d’Arène, en étroite relation avec les chasseurs locaux, qu’il pilote l’expérimentation des plans de chasse au grand gibier. Cette expérience originale a probablement contribué de manière significative à l’instauration en France de nouvelles modalités d’organisation de la chasse, plus proches d’une gestion en rapport avec les populations animales.

Compte tenu de ses compétences, il est appelé pendant quelques années à diriger le secteur de l’Oisans, pays de hautes montagnes. Comme dans le Briançonnais, il crée au sein de l’équipe une ambiance à la fois conviviale et professionnelle et son passage en Oisans laisse une trace durable. Il retrouve ensuite la lumière de son cher Briançonnais où il reste jusqu’à sa retraite. Tant qu’il l’a pu, il a patrouillé les lieux oubliés dont il connaissait les secrets, à pied comme à skis mais toujours les jumelles autour du cou.

Homme de terrain, montagnard accompli, chef d’équipe, interlocuteur reconnu des différents partenaires et respecté par eux, Robert Keck a été un homme complet représentant bien l’image des parcs nationaux.

Ouvrage : Keck, R. et Chevallier, J. (2004). Chamois. Éditions Hesse


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